Utilisation et Consommation
Les propriétés du lait de jument ont été soulignées par les diététiciens et médecins antiques (Aristote, Hippocrate, Galien, Pline l'ancien). Ils le recommandaient pour toutes sortes de maux : empoisonnement et envenimations, douleurs articulaires, pneumonies, cicatrisation des plaies...
Toujours dans l'histoire, plusieurs personnages célèbres vantèrent les mérites du lait de jument pour le maintien de la santé et de la beauté : Hérodote, lors de ses nombreux voyages en Asie, constata l'effet revitalisant du koumiss et accorda au lait de jument et au koumiss des pouvoirs curatifs pour de nombreuses maladies.
Les mères mongoles qui ne pouvaient nourrir leur enfant remplaçaient le lait maternel par celui de jument, ce que faisaient nos mères et nos grands-mères avec le lait de jument ou d'ânesse, plus facile à se procurer. Par la suite, l'expérience populaire a démontré l'efficacité du lait de jument comme aliment complet pour les convalescents ou les personnes âgées.
C'est de Russie, à l'occasion de la seconde guerre mondiale, que le lait de jument se propage en Allemagne puis en Autriche. Ce pays est d'ailleurs devenu le premier producteur organisé et le lait de jument est agréé par le ministère de la santé comme complément nutritionnel. Dans les états de la CEI il est utilisé dans les hôpitaux pour les nouveau-nés prématurés et pour les malades en période post opératoire ou dans les sanatoriums qui accueillent des malades atteints de tuberculose pulmonaire.
Utilisations pédiatriques
Ce sont des médecins allemands (Freudenberg 1946) et surtout finlandais (Thorodsen & Aalto 1949) qui ont été les premiers à mettre en évidence la similitude du lait de jument avec le lait de femme, justifiant ainsi son utilisation comme aliment de substitution du lait maternel. Ce lait albumineux, pauvre en matières grasses, riche en lactose est très digeste: il est recommandé pour les prématurés et les nouveau-nés présentant des troubles diarrhétques. Ces médecins ont démontré son efficacité pour enrayer les épidémies de grippes intestinales chez l'enfant et le nourrisson. Dans ces conditions le lait était réfrigéré à la ferme puis pasteurisé, ce qui permettait d'obtenir une bonne floculation de l'albumine et une bonne qualité sanitaire.
Utilisations diététiques :
L'apport vitaminique du lait de jument ou du koumis pouvait se révéler essentiel pour certaines peuplades nomades ne cultivant pas la terre. On raconte qu'un ukase du tsar par une mesure autoritaire avait interdit la traite des juments pour une meilleure alimentation des poulains. Cette interdiction a dû être supprimée quelques mois plus tard à cause de sévères Avitaminoses survenues parmi les hommes de la troupe.
La haute valeur biologique du lait de jument ou du koumiss, leur bonne digestibilité et assimilation sont liées à leur composition biochimique particulière :
- grande digestibilité de la matière azotée: lait albumineux et floculation fine des protéines.
- grande digestibilité de la matière grasse: lait pauvre en graisse, riche en Acides gras à courte chaîne et ayant un point de fusion bas.
- richesse en nutriments essentiels: part importante en acides gras polyinsaturés, apport de vitamines A, B et surtout C et richesse en acides aminés essentiels.
- richesse en lactose stimulant la synthèse du groupe des vitamines B et l'activité 'bifidus' dans le gros intestin.
- richesse en lysozyme: action antibactérienne in situ.
La haute valeur nutritive du lait de jument et du koumis fait qu'ils peuvent être prescrits comme aliment revitalisant et régénérateur aux personnes convalescentes, âgées, s/ressées ou, simplement, soucieuses de leur équilibre physique.
Utilisation cosmétiques
La lactoferrine et de la lactoperoxydase du lait de jument qui facilite en particulier la prévention du vieillissement cutané font du lait de jument un composant de prédilection pour les cosmétiques. (cf. COTTE J., 1991.[ Le lait, une matière d’avenir pour la cosmétique]).
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