Lait du Jument en Morvan. Domaine de l'élevage de Bibracte

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Histoire

 Le Morvan, un passé historique prestigieux

De la conquête des Gaules à la Révolution

 

Époque gallo-romaine


Le Morvan possède une histoire riche principalement héritée de l'époque gallo-romaine. Cette histoire est encore visible à travers le site du Mont Beuvray à cheval entre la Nièvre et la Saône-et-Loire.

Jules César, conquérant des GaullesEn -52, une ville nommée Bibracte se trouvait sur le Mont Beuvray (821 m). Cette ville, capitale de la tribu gauloise des Éduens est devenue célèbre lors de l'invasion de la Gaule par Jules César. C'est ici que les tribus gauloises décidèrent de structurer leur défense en se regroupant derrière un seul chef, Vercingétorix.

Le Mont Beuvray est désormais un site de fouilles très important. Les archéologues ont mis au jour des maisons et des murs d'enceinte de Bibracte et tentent de définir quelle était la vie des Gaulois. Le musée de la civilisation celtique, construit à proximité des lieux de fouilles présente entre autres le résultat des recherches à Bibracte.

Après l'invasion romaine, Bibracte est abandonnée au profit d'Autun située à une vingtaine de kilomètres. Si Bibracte est une cité purement gauloise, Autun a au contraire été bâtie à la volonté de l'empereur romain Auguste. Haut lieu du monde gallo-romain, on peut encore y admirer un temple dit de Janus (déformation du lieu-dit La Génetoye), l'enceinte antique de la ville et deux de ses portes (Porte d'Arroux et Porte Saint André), ainsi qu'un immense théâtre qui pouvait, à l'époque, accueillir 20 000 personnes.


Les temps modernes

A partir du IIIème siècle, le Morvan subit des dévastations dûes aux révoltes et invasions. Au Vème siècle, les Vandales pillent Autun. Le sénat de Lyon appelle les Burgondes à la rescousse. Ils s’installent entre le Jura et les Alpes. Le royaume Burgonde donne naissance à Clotilde, qui épouse Clovis, roi des Francs. En 534, les fils de Clovis se partagent le royaume Franc, s’emparent du royaume Burgonde et d’Autun.

L’évangélisation du Morvan commença au IIème siècle, pour se poursuivre au IIIème siècle. De nombreuses communautés religieuses se fondèrent alors et s’établirent dans les villas délaissées par les conquérants. Certaines d'entre elles demandèrent leur rattachement à l’Ordre bénédictin des moines de Cluny (Eglise de Semelay - prieuré Saint-Pierre, prieuré Saint-Honoré à Saint Honoré-les-bains).

Au VIIIème siècle, Autun est pillé par les Sarrasins.

Au nord du Morvan, Vézelay devient un haut-lieu de la chrétienté, lieu de pélérinage sur la route de St Jacques de Compostelle, et point de départ de la 2ème croisade (1146) et de la 3ème croisade (1187)

Théodore de Bèze (1519-1605), né à Vézelay, principal théologien de la RéformeDu XI au XVème siècle, le Morvan est partagé entre le duché de Bourgogne, le comté de Nevers et l’évêché d’Autun. De nombreuses batailles ont lieu. Les routiers (soldats sillonant le pays entre deux batailles) font des pillages dans le pays pendant la guerre de cent ans (1337-1475). La guerre entre Armagnacs et Bourguignons puis entre le Roi de France et le duc de Bourgogne ravage aussi le pays.

Lors des guerres de religion au XVIème siècle l'influence de Théodore de Bèze, l'un des principaux théologiens de la Réforme né à Vézelay, font de cette ville porte du Morvan une des premières villes de la région acquise au protestantisme qui se propage rapidement sur le Morvan

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban naquit en 1633 à Saint-Léger-Vauban et vécut dans le Morvan durant son enfance. Il fut nommé maréchal de France par Louis XIV et fût un acteur du Grand Siècle et  un précurseur des Lumières. Il a été inhumé dans l'église de Bazoches, petit village du Morvan proche du lieu de sa naissance et dont il avait acheté le château en 1675.

Le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), courtisan en disgrâce du roi Louis XIV, cousin de Madame de Sévigné et auteur du très décrié « Histoire amoureuse des Gaules » a exprimé sur les murs de son château près de Montbard, dans un vallon boisé du Morvan, ses ressentiments à l’égard de Louis XIV, la nostalgie de ses amours tumultueuses et de sa vie militaire.

Révolution

En 1790, la " Constituante " a partagé le Morvan en quatre départements: Côte d’or, Nièvre, Saône et Loire, Yonne.

À partir du milieu du XIXe siècle, le Morvan a connu une profonde évolution. En 1858,pour permettre le flottage du bois et alimenter Paris en bois par les rivières la Cure et l'Yonne, il a été créé le lac des Settons. On décida ensuite (après les inondations de Paris en 1910) de réguler le débit de la Seine grâce à des barrages sur ses affluents afin de contrôler ses crues. C'est de cette initiative que sont nés les lacs de Chaumesson, Saint Agnan, du Cressent et Panecière.

La Galvache" désigne la migration saisonnière des conducteurs de b½ufs du Morvan au XIXème. et au début du XXèmeLe Morvan est un pays pauvre du point de vue agricole, et à cette époque on a été obligé de trouver d'autres activités. En effet, 90% des Morvandiaux sont agriculteurs et produisent essentiellement des pommes de terre, et du seigle qui sert à la fabrication du pain ; chaque famille élève également un porc pour sa viande.

En complément du flottage du bois, deux activités se sont développées petit à petit, les nourices (de nombreux enfants abandonnés étaient plaçés dans le Morvan, environ 47000 au cours de ce siècle) et les galvachers (agriculteurs qui se louaient avec leurs boeufs pour exécuter des travaux de halage ; ils partaient de leur domicile environ 6 mois par an et ceci jusqu'en région parisienne et à la champagne ou ils transportaient le bois, du grain, du sel...)


L'époque contemporaine

Dès 1850, le bois qui servait à chauffer la région Parisienne est petit à petit remplaçé par le charbon et le flottage du bois cesse en 1914. (le dernier flottage au départ de Clamecy a eu lieu en 1923), L'agriculture se modernise, l'industrie se développe et le Morvan n'est plus un moyen de ressources pour ses habitants. L'exode rural, important, s'accentue après la première guerre mondiale et perdure pendant tout le XXème siècle.

Si Arthur Young (1741-1820) de passage dans le Morvan, écrivait déjà que le rendement des terres pouvait s’améliorer avec les connaissances, l’instruction et un assolement approprié, ce n’est que vers le milieu du XIXème siècle que sont intervenus les changements décisifs. Il s’agit du chaulage des terres, du brabant avec ses labours plus profonds. Quant aux engrais, ils ne pénètrent dans le Morvan qu’après la deuxième guerre mondiale.

L’élevage détient depuis longtemps la première place dans la vie rurale. Le boeuf était, longtemps, le seul moyen de transport et de transaction. Jadis de race néolithique, rouge sang, il a cédé le pas à la race charolaise développée depuis la région de Charolles en Saône-et-loire et le Nivernais au XIXème siècle. Ce n'est qu'après la guerre de 1914 qu'il est remplacé par les chevaux pour la traction, puis dans les années cinquante et soixante par les tracteurs avec le début de la mécanisation de l'agriculture, tandis que se vide les campagnes.

Heureusement, le Morvan accueille aujourd'hui une nouvelle population faite en grande partie de Morvandiaux qui reviennent au pays à l'age de la retraite, et de gens qui en ont assez de la ville et s' établissent ici ; on trouve également de nombreuses résidences secondaires (en majorité des parisiens, souvent originaires du Morvan et des hollandais).

A partir de 1970, le Morvan se tourne résolument vers le tourisme et les activités de plein air (randonnée, vtt, rafting, quad, pêche, équitation,...) tandis que des agriculteurs, épaulés par le Centre d'Etudes et de Ressources sur la Diversification agricole, oraganisme dépendant des Chambres d'Agriculture de Bourgogne, développe la production et vente directe de produits locaux ou bio et plus récemment leur commercialisation sur Internet.

La sylviculture morvandelle, quant à elle, fournit tous les hivers la France en sapins de Noël (notamment la région du Haut Folin). La forêt recouvre d'ailleurs près de 50% du Morvan. Les forêts de feuillus et de résineux sont en concurrence mais ce sont les résineux, profitant du développement des douglas, qui gagnent peu à peu du terrain (78 000 ha de feuillus contre 43 000 ha de résineux.

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